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Les tendances saisonnières de MeteoBelgique sont souvent citées dans la presse mais parallèlement, des critiques apparaissent, réduisant parfois ces tendances à des "statistiques", des "paris", voire de la "voyance" !

Nous tenions à faire le point et à lever quelque peu le voile sur l'élaboration de nos tendances.

Des prévisions à un, voire trois mois d’échéance, alors que les prévisions perdent rapidement leur fiabilité après une semaine, n’est-ce pas paradoxal ?

Les prévisions classiques et les prévisions saisonnières sont deux choses complétement différentes. Les prévisions classiques, calculées par des super-ordinateurs à partir données météorologiques partout sur le globe au sol et en altitude, permettent de prévoir le temps en détail jusqu’à une semaine voire 10-12 jours dans le cas de situations stables. Même si les ordinateurs évoluent encore, cette limite d’une dizaine de jours ne pourra que difficilement être dépassée : à partir de cette limite la moindre petite erreur de la situation initiale  (ou la moindre imprécision dans le réseau de mesure) va impliquer une situation très différente de celle observée : c’est le fameux effet papillon.
Les prévisions saisonnières ne sont pas des prévisions déterministes : on ne pourra jamais prévoir le temps qu’il fera à Ostende dans 1 mois et trois jours à 19h20 ! Par contre, il est possible de donner des tendances sur ce que sera le temps durant cette période. C’est pourquoi d’ailleurs, nous n'utilisons pas le terme de prévision saisonnière, mais plutôt celle de tendance saisonnière.

Comment sont-elles élaborées dans ce cas ?

Si les mouvements et les températures des masses d’air sont très variables d’un jour à l’autre, ceux des océans sont nettement plus lents par effet d’inertie. Or, il y a sans cesse échange d’énergie entre l’atmosphère et les océans. Un océan plus chaud que la normale va avoir tendance à réchauffer et à humidifier plus que de coutume l’atmosphère et donc influencer le climat.
Cela peut être local (comme la Mer du Nord, le proche Atlantique pour nos régions) mais aussi à distance : les eaux de surface du Pacifique équatorial au large des côtes du Pérou, quand elles sont plus chaudes que la normale, est un phénomène connu, le « El Niño » qui a des effets sur le climat de la planète entière. Ainsi un phénomène Niño, quand il apparait, provoquera les mois suivants un temps très sec sur l’Australie et l’Indonésie par exemple.
Des modèles numériques, calculés sur base des données à l’échelle du globe tenant compte des températures des océans permettent alors de prévoir des tendances saisonnières. Il y a environ une dizaine de modèles proposant des prévisions de ce type (Américains, européen, anglais, japonais et même français pour les plus fiables).

Mais comment se fait-il alors que vos collègues météorologues belges ne présentent jamais ce type de prévisions saisonnières ? MeteoBelgique est le seul dans notre pays à présenter ces tendances. Pourquoi ?

Les instituts officiels ont toujours été très frileux par rapport à la publication de tendances saisonnières. Leur principal argument tient du fait que, pour eux, elles ne sont pas suffisamment fiables pour être présentées au public. De notre côté, nous pensons qu’elles ont le mérite d’exister et que la recherche qui découle de leurs élaborations permet justement d’améliorer leurs fiabilités. Depuis une dizaine d’années les modèles permettant ce genre de prévision ont beaucoup évolué.
Les pays anglo-saxons (USA, Royaume-Uni, Allemagne) n’ont pas cette frilosité et présentent régulièrement les résultats de leurs analyses saisonnières à partir des modèles.
Ceci dit, il est vrai que la fiabilité des modèles n’est pas encore optimale. De façon générale, les tendances saisonnières sont plus fiables en hiver qu’en été (les situations atmosphériques et océaniques y sont plus stables) et aux basses latitudes qu’aux hautes.

Mais malgré cette fiabilité perfectible, vous parvenez quand même à présenter des tendances saisonnières pour la Belgique ?

Oui, mais les modèles ne sont qu’un outil. Ils nous servent comme base de l’analyse mensuelle, mais en y intégrant d’autres paramètres, comme certains cycles, connus ou moins connus, comme le cycle de l’activité solaire, l’oscillation Nord Atlantique, le cycle de Madden-Julian… Certains cycles sont pluriannuels, d’autres mensuels, etc… La connaissance et l’intégration de ces cycles, l'intérêt pour toutes les recherches en la matière, et l'expérience de plus de 10 ans dans ce domaine nous permettent d’affiner les tendances proposées par les modèles et de proposer des tendances saisonnières que nous espérons être de qualité.

Quelle est la fiabilité des tendances saisonnières élaborées par MeteoBelgique ?

Pour le premier mois la fiabilité est à présent proche des 70% et nous proposons des tendances par décade (10 jours), pour les second et troisième mois, la fiabilité est aux environs de 60-55% et les tendances sont proposées par quinzaine.
Cette fiabilité peut être contrôlée par les visiteurs de notre site à posteriori : le contenu des tendances saisonnières est ajouté chaque mois au résumé climatologique mensuel : il suffit dès lors de comparer la situation qui avait été prévue à la climatologie du mois concerné.

D’où proviennent les tendances saisonnières publiées dans la presse ?

Le fait que MeteoBelgique soit le seul à proposer des tendances saisonnières en Belgique a des effets pervers. En effet, les médias en sont particulièrement friands et se précipitent sur la moindre information en ce sens, parfois même à partir d'articles provenant de journalistes étrangers ! Ces informations sont parfois déformées, voire amplifiées, c’est pourquoi nous vous invitons toujours à venir directement les consulter à la source, c'est à dire sur notre site !

Vous pouvez suivre nos prochaines analyses des tendances saisonnières sur notre site ici : elles sont ainsi mises à jour le dernier jour du mois. Le service Premium permet en outre de consulter tout le détail des analyses.

 

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